La première chose qui frappe chez l’humoriste Thomas Angelvy, c’est sa spontanéité. Sur scène comme en entrevue, il parle avec la même énergie directe, avec cette impression qu’il pourrait bifurquer à tout moment vers une anecdote ou une improvisation. Comme si la conversation n’était jamais très loin du spectacle.
Et puis il y a le Québec. « C’est la poutine qui m’a donné le goût de revenir! Sans blague, j’ai adoré l’ambiance de Montréal. Il y a une âme dans cette ville, l’accueil est génial et le public est un fin connaisseur de stand-up. J’avais dit que dès que je pourrais revenir, je reviendrai! »
Après deux représentations à guichets fermés lors de son passage au festival Juste pour rire l’an dernier, l’humoriste français sera de retour le 12 mars à Magog, le lendemain à Québec et le 14 mars à Montréal. « En France, on a l’habitude de dire que le public le plus accueillant est celui du Nord. Quand je suis arrivé à Montréal, quel bonheur d’arriver sur scène et de sentir cette énergie. Des applaudissements nourris! »
Cette ascension fulgurante s’appuie en grande partie sur une présence numérique impressionnante. Thomas Angelvy compte aujourd’hui plus de 1,2 million d’abonnés sur Instagram et autant sur TikTok, où ses vidéos cumulent près de 59 millions de mentions j’aime. Une visibilité massive qui lui a permis de franchir rapidement les frontières et de rejoindre un public qui le connaissait souvent avant même de le voir sur scène. Une situation qui continue de le surprendre lui-même : « Il y a la magie des réseaux sociaux qui fait qu’on ne comprend pas trop ce qui se passe. J’arrive ici et les salles sont pleines! »
L’étonnement du succès
Malgré la popularité grandissante qui l’entoure, Thomas Angelvy garde encore un certain étonnement devant l’ampleur du phénomène. « Il y a la magie des réseaux sociaux qui fait qu’on ne comprend pas trop ce qui se passe. »
Au début de sa carrière, ses ambitions étaient pourtant beaucoup plus modestes. « J’imaginais beaucoup de choses, mais pas aussi grand. J’ai été bercé par les Franck Dubosc, Anthony Kavanagh et Stéphane Rousseau. Quand je les voyais remplir des salles de 1 000 places, je trouvais ça fou. Et là de remplir des Zénith en France, ce n’était même pas sur ma liste de rêves. C’était inatteignable. » Il résume son ascension en quelques mots simples: « Merci les réseaux sociaux, merci les algorithmes! »
Le spectacle vivant, avant tout
Même si les plateformes sociales ont accéléré sa carrière, Thomas Angelvy reste profondément attaché à la scène. Pour lui, le spectacle vivant repose d’abord sur la rencontre avec le public. « Le plus cool, c’est d’échanger avec les gens. Tu connais l’ambiance des comedy clubs, t’es obligé parfois de t’arrêter et de composer avec ce qui se passe. Quand j’ai vu que le public se marrait quand j’échangeais avec eux, c’est né comme ça. Chaque fois, j’ouvre la porte pour demander au public : “vous en pensez quoi?” » Il y voit même l’essence même de son métier. « Pour moi, c’est la nature même du spectacle vivant. »
Cette liberté implique aussi une part de risque, que l’humoriste assume avec lucidité. « Dans toutes les improvisations que je fais, j’essaie toujours d’être bienveillant. Si je franchissais la limite, je n’hésiterais pas à m’excuser. Mais je pense qu’on a besoin de rire. »

L’art brut de faire rire
Sur scène, Thomas Angelvy mise sur la simplicité. Un micro, une présence, une histoire. « Ce que je trouve toujours bluffant, c’est de réussir simplement avec un micro à amener les gens dans des histoires qui surprennent et font rire. C’est un art brut. J’arrive avec mon langage et ma gestuelle. On arrive à les capter et à dégager des émotions. C’est fort. »
Son spectacle est profondément autobiographique, nourri par l’autodérision et l’intime. « Je parle de ma séparation, de mon ex-copine, de ma mère, des femmes qui ont bercé ma vie, de l’écologie… de tout ce qui me touche. J’ai aussi un sketch sur mon chat. Des thèmes où tout le monde se reconnaît. »
L’artisan derrière le phénomène
Derrière les millions d’abonnés se cache pourtant un humoriste très méthodique, presque artisanal dans son approche. « Il y a le savoir-faire et le faire-savoir. Je sentais que j’avais le savoir-faire, mais il me manquait le faire-savoir. Je me suis dit que je serais présent sur les réseaux sociaux. C’était juste après le COVID. Je publie deux vidéos par semaine et en cinq mois, ça a fait un effet boule de neige. » L’humoriste s’occupe de tout : montage, diffusion, extraits. « Je suis du signe astrologique vierge! Je suis extrêmement minutieux avec mes vidéos, mes extraits de spectacle… Finalement, j’ai l’impression d’être un petit artisan boulanger qui fait absolument tout lui-même. »
Une image qui lui ressemble : celle d’un humoriste en pleine ascension, mais qui garde les mains dans la pâte. Et c’est peut-être précisément cette simplicité, ce mélange d’autodérision, de spontanéité et de proximité, qui explique pourquoi, des deux côtés de l’Atlantique, le public continue de répondre présent.
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