Dans le cœur vibrant du fleuve Saint-Laurent, un territoire vaste de 268 hectares accueille chaque année plus de 10 millions de visiteurs. Ce n’est ni un quartier, ni un arrondissement. C’est un parc aux multiples vocations, et à sa tête, Véronique Doucet orchestre sa transformation. Rencontre avec une gestionnaire passionnée qui réfléchit son parc comme un acteur économique, social et culturel de premier plan.
Un parc multifacette, reflet de la métropole
« Le parc Jean-Drapeau, c’est un lieu de mémoire et un espace d’avenir », affirme Véronique Doucet d’entrée de jeu. Infrastructures olympiques, legs de l’Expo 67, patrimoine militaire, mais aussi de nombreuses zones de biodiversité, concerts électro, sentiers familiaux, événements culturels et corporatifs. Le défi de gestion est immense : cohabiter, adapter et concilier.
Avec plus de 300 événements par année et une densité de partenaires publics et privés, le parc Jean-Drapeau agit comme un microcosme métropolitain. Il dialogue avec le Quartier des spectacles, le Stade olympique, le Palais des congrès ou encore les écosystèmes touristiques pour positionner stratégiquement Montréal sur l’échiquier international.
Un plan de transformation d’un milliard
En tant qu’organisation mandatée par la Ville de Montréal, la Société du parc Jean-Drapeau pilote un plan d’investissement de 1 milliard $ sur 10 ans. Ce plan colossal vise à réhabiliter les infrastructures, en y intégrant les enjeux de mobilité durable, de résilience écologique et de nouveaux usages événementiels.

« Certains bâtiments iconiques ont été construits pour durer six mois… et ils sont encore debout 50 ans plus tard. On doit les transformer sans les trahir », ajoute Véronique Doucet. Le Pavillon du Canada, la Biosphère, la Place des Nations, la Grande Poudrière ou encore les Jardins des Floralies font partie de ces chantiers de mémoire dont la vocation d’accueil se redessine avec soin.
Cohabiter, évoluer, raconter
C’est dans la tension entre héritage et innovation que se déploie le mandat de la direction générale. Fidélité des promoteurs, gestion des flux (3 000 personnes y transitent matin et soir), usage des espaces boisés versus événementiels : le Parc est à la fois scène, coulisse et agora.
« Notre objectif, c’est que les Montréalais se l’approprient, que ce soit pour un barbecue, un jogging ou un festival international », souligne-t-elle, mentionnant à quel point les grands parcs urbains du monde entier apprécient se réunir en communautés de pratiques afin d’échanger sur les meilleures initiatives à mettre en place immédiatement et au cours des prochaines années.
Avec le corridor de biodiversité, la réhabilitation du secteur du mont Boullé et les nouveaux circuits de découverte, le Parc devient une expérience fluide entre nature, culture et mémoire.
Vers une gouvernance collaborative
Derrière chaque projet : des alliances multiples. La Société explore activement les partenariats publics-privés, les commandites structurantes, mais aussi des modèles émergents comme les obligations à impact social. « Au-delà des fonds, il faut être créatif, crédible et rassembleur », insiste la gestionnaire.
À ce niveau, le Parc collabore également avec des réseaux internationaux, notamment des grands parcs recevant des circuits de F1 (Melbourne, Mexico, Monza), pour partager des pratiques en gestion, négociation et en développement durable. Un levier stratégique rare.
Un esprit d’héritage vivant
Quand on lui demande ce qui la fait vibrer, Véronique Doucet répond sans hésiter : « L’idée de passer le flambeau. Offrir à la prochaine génération un lieu encore plus vivant, plus inspirant ». Elle ajoute que le parc Jean-Drapeau est pensé comme un organisme vivant où chaque intervention tisse un fil vers l’avenir.
Entre ses Jardins des Floralies, ses œuvres monumentales comme La Terre Mère ou L’homme qui plantait des arbres, ses Rendez-vous Gourmands, ses grands événements musicaux ou citoyens, le Parc est plus qu’un site d’accueil. C’est un acteur économique et identitaire, laboratoire de durabilité, vitrine de Montréal.
Et sous la gouverne de Véronique Doucet, il incarne aussi ce que la gouvernance publique peut offrir de mieux : l’écoute, la vision et l’héritage.Pour suivre les actualités du parc Jean Drapeau, cliquez ici.