Fondée par Véronique D’Abaté et Isabelle Bélanger, l’entreprise Bravissimo s’est imposée, en 15 ans, comme une référence dans le monde de la danse compétitive. Ce qui n’était au départ qu’une idée lancée presque sur un coup de tête est aujourd’hui une organisation d’envergure internationale qui rassemble des milliers de danseurs et de spectateurs, au Québec comme en France.
Une véritable expérience immersive
Bien plus qu’une simple compétition, Bravissimo s’apparente aujourd’hui à une expérience événementielle complète, où se croisent performance artistique, dépassement de soi et communauté.
Pendant plusieurs jours, les événements réunissent des danseurs de tous âges et de tous niveaux, provenant d’écoles de danse à travers le Québec, le Canada et désormais l’Europe. Sur scène, les participants présentent des chorégraphies soigneusement préparées, évaluées par un jury composé de professionnels reconnus du milieu.

Chaque prestation est jugée selon des critères précis : technique, interprétation, musicalité, créativité et présence scénique. Mais au-delà des résultats, Bravissimo mise sur une approche constructive. Les participants reçoivent des commentaires détaillés et personnalisés, souvent sous forme audio, leur permettant de progresser concrètement.
En coulisses, c’est une véritable machine qui s’active : gestion de milliers de passages, coordination des équipes techniques, enchaînement des numéros, accueil des familles et des spectateurs. Certaines éditions mobilisent deux scènes simultanées, permettant d’accueillir un volume impressionnant de performances dans une même fin de semaine.
À cela s’ajoute une atmosphère unique, où se côtoient excitation, stress, fierté et camaraderie. Pour plusieurs jeunes danseurs, Bravissimo représente un moment marquant de leur parcours artistique.

Une idée née… d’un regard critique
À l’origine de Bravissimo, il y a deux passionnées de danse, déjà plongées dans le milieu des compétitions. « On participait à d’autres compétitions et on se disait qu’on pourrait faire mieux », raconte Véronique D’Abaté. Ce constat partagé devient rapidement une décision : créer leur propre compétition. Sans plan d’affaires complexe, sans financement externe, mais avec une conviction claire.
« On s’est simplement dit : GO », résume Isabelle Bélanger.
En moins de dix mois, leur première édition voit le jour, entièrement financée à même leurs économies personnelles. À l’époque, tout se fait à la main : inscriptions papier, cartables remplis de feuilles, disques compacts empilés pour gérer la musique.

Une croissance fulgurante… et organique
Dès la deuxième année, le succès est au rendez-vous. Le nombre de participants double, surprenant même les fondatrices. Aujourd’hui, Bravissimo s’articule autour de quatre grands événements annuels, présentés à la fois au Québec et en France, notamment à Drummondville, Terrebonne, La Grande-Motte et Paris.
Chaque compétition accueille plus de 3 500 danseurs, auxquels s’ajoutent des milliers de spectateurs, familles et accompagnateurs, générant des foules pouvant atteindre jusqu’à 20 000 personnes sur certains week-ends. Sur certaines éditions, plus de 6 000 inscriptions sont enregistrées, témoignant de l’ampleur qu’a prise l’organisation.
Cette croissance positionne Bravissimo comme un acteur unique dans son marché, étant aujourd’hui la seule compétition québécoise à déployer ses activités à la fois ici et à l’international.
De Mascouche à Paris : le virage international
Le développement à l’international ne faisait pourtant pas partie du plan initial.
« Au début, c’était vraiment pour le plaisir de le faire ensemble », explique Véronique D’Abaté. C’est finalement son réseau en France qui ouvre la porte à une première édition européenne en 2020. Toutefois, la pandémie vient tout arrêter… temporairement. « On n’a pas baissé les bras. On est revenus en 2021 », dit-elle.

Depuis, Bravissimo s’est solidement implantée dans le sud de la France et à Paris, attirant désormais des participants de partout en Europe. L’entreprise agit aujourd’hui comme un véritable pont entre les scènes québécoise et européenne.
Une machine logistique impressionnante
Derrière le succès se cache une organisation millimétrée. Chaque lieu est visité, analysé, optimisé. Les déplacements des danseurs, la fluidité des coulisses, la gestion des horaires : rien n’est laissé au hasard. « On est très visuelles. On doit voir comment les jeunes circulent, comment tout s’enchaîne », explique Véronique D’Abaté.
La plus récente édition impliquaient d’ailleurs deux scènes simultanées, des milliers de passages et une coordination digne de grands événements culturels.
Contrairement à d’autres univers compétitifs, le milieu de la danse chez Bravissimo se distingue par son respect et son encadrement. Lors de notre échange, nous faisions notamment le parallèle entre cet univers compétitif et les comportements des parents au hockey qui peuvent avoir tendance à dépasser les bornes. « Nos juges sont des sommités. C’est comme si Wayne Gretzky arbitrait une partie de hockey », illustre Isabelle Bélanger. Dans le même esprit de transparence, les écoles reçoivent non seulement leurs notes, mais aussi des commentaires audios détaillés, favorisant le développement des danseurs plutôt que la simple performance.
Le succès de Bravissimo repose aussi sur l’équilibre entre ses deux fondatrices. Isabelle, cartésienne et structurée, gère l’opérationnel, les horaires et l’administration. Véronique, plus instinctive et tournée vers l’extérieur, développe les relations, les idées et les opportunités. « Je suis la folle… et elle me ramène! », lance cette dernière en riant. Une dynamique qui leur permet de conjuguer créativité et rigueur, deux qualités essentielles dans l’événementiel.
La pandémie : un moment charnière
Comme pour toute l’industrie, la pandémie a été un choc. « On a eu peur de perdre l’entreprise », confie Véronique D’Abaté.
Avec des investissements déjà engagés (salles, fournisseurs, promotion) et peu de soutien pour le secteur événementiel, les années récentes ont été difficiles. Mais 2026 marque un retour à la croissance.
Et maintenant? Les ambitions sont claires : continuer à croître, mais intelligemment.Parmi les priorités, les fondatrices souhaitent notamment développer un volet de formation destiné aux danseurs afin d’aller au-delà de la compétition et contribuer activement à leur progression.
Elles veulent également travailler à l’obtention de subventions structurantes, renforcer leur réseau de partenaires et ouvrir davantage la porte à des commanditaires, tout en poursuivant leur expansion à l’international, de manière réfléchie.« On veut rester organiques dans notre croissance », souligne Véronique D’Abaté.
Après 15 ans, Bravissimo n’est plus seulement une compétition. C’est une plateforme, une communauté et un modèle entrepreneurial inspirant, né d’une intuition… et porté par une exécution remarquable.
Pour en savoir plus : https://bravissimo.ca/
