Quand le courage prend la forme des petits gestes du quotidien

« Alors j’ai oublié d’hésiter », un roman de Diane Fastrez

Un texte de Michaël Grégoire

Il y a de ces livres plus modestes, plus doux, qui nous accompagnent simplement pendant quelques heures et nous rappellent que les plus grandes transformations naissent souvent des petits gestes du quotidien.

Découvert un peu par hasard sur Substack, ce livre est d’abord arrivé jusqu’à moi grâce à son autrice. Diane Fastrez a choisi la voie de l’autoédition, un parcours exigeant qui demande autant de courage que de détermination. Écrire un roman est déjà un défi en soi. Le publier, le promouvoir et partir à la rencontre de ses lecteurs sans l’appui d’une maison d’édition en est un autre. Rien que pour cela, le projet mérite d’être souligné.

Au fil des pages, nous faisons la connaissance d’Alix, une mère célibataire dans la trentaine dont les projets de vie sont soudainement bouleversés par un revers important. Soucieuse de protéger sa fille June, âgée de sept ans, elle choisit de lui cacher la situation. Mais les enfants possèdent souvent une sensibilité que les adultes sous-estiment. June sent que quelque chose ne tourne pas rond et décide, à sa façon, de mener l’enquête. À leurs côtés se trouve Nino, un voisin retraité au tempérament bourru qui se retrouve bien malgré lui entraîné dans cette aventure humaine.

Au fil des rencontres

Ce qui m’a particulièrement plu dans ce roman, c’est la manière dont les relations entre les personnages évoluent naturellement. L’autrice prend le temps de construire des liens crédibles, de montrer comment les perceptions changent, comment les jugements s’effritent et comment certaines rencontres peuvent transformer notre quotidien sans que nous nous en rendions compte immédiatement.

J’ai aussi apprécié le fait que l’histoire soit racontée à travers plusieurs regards. On découvre non seulement ce que vivent les personnages, mais également la manière dont ils interprètent les événements qui les entourent. Cette approche crée un décalage parfois amusant, parfois touchant, qui donne au récit une belle profondeur humaine.

Le ton général du roman est léger, sympathique et souvent souriant. Ce n’est pas un livre qui cherche à bouleverser le lecteur à tout prix. Il préfère l’inviter à ralentir, à observer les petits moments de grâce qui apparaissent parfois dans les périodes plus difficiles. Il y est question de résilience, de secondes chances, de famille, mais aussi de la capacité que nous avons tous de réinventer notre avenir lorsque les plans initiaux tombent à l’eau.

Mon seul véritable bémol concerne certains termes et expressions très ancrés dans le français de France. Pour un lectorat québécois, quelques formulations peuvent parfois créer une légère distance avec les personnages. Cela dit, cet aspect demeure mineur et n’a jamais réellement nui à mon plaisir de lecture.

Une histoire qui fait sourire

Au fond, Alors j’ai oublié d’hésiter est un roman feel-good dans le sens le plus noble du terme. Une histoire qui fait sourire sans être naïve, qui aborde les épreuves sans lourdeur et qui nous rappelle qu’il n’est jamais vraiment trop tard pour recommencer, pour faire confiance à la vie ou simplement pour apprécier davantage les petits instants qui composent nos journées.

On referme le livre avec le sourire et l’impression d’avoir passé un bon moment en compagnie de personnages attachants. Parfois, c’est exactement ce dont on a besoin.

Pour en savoir plus sur le livre : https://www.amazon.ca/-/fr/Alors-jai-oubli%C3%A9-dh%C3%A9siter-touchant/dp/B0G1YDDPBY

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