On savait que Si tu m’écoutes faisait beaucoup parler depuis son arrivée sur Netflix. On savait aussi que les mouchoirs étaient apparemment de mise et que cette comédie romantique allait tenter de jouer avec nos émotions. Malgré tout, on s’est laissé prendre au jeu. Complètement.
Porté notamment par Zoey Deutch et Nick Robinson, Si tu m’écoutes raconte l’histoire de Jill, une jeune femme qui continue de laisser des messages vocaux à sa sœur décédée. Elle lui raconte sa vie, ses difficultés et les petits événements du quotidien comme si elle était encore au bout du fil. Jusqu’au jour où le numéro est réattribué à Wes, un inconnu qui commence à recevoir ses confidences.
Le film réussit à transformer cette idée en une histoire profondément touchante sur l’absence, le deuil et les liens que nous entretenons avec les personnes qui occupent une place essentielle dans notre existence.
Pleurer, mais aussi sourire
On n’est manifestement pas les seuls à avoir été happés par l’émotion. Le HuffPost titrait récemment que le film faisait « pleurer tout le monde en moins de 15 minutes », alors que Grazia rapportait également les nombreuses réactions émues des spectateurs.
On comprend parfaitement pourquoi. La grande force de Si tu m’écoutes réside dans sa capacité à parler du deuil sans transformer son histoire en un long drame étouffant. On pleure, bien sûr, mais on sourit aussi. On rit même franchement à certains moments. Cette alternance entre la tristesse et la légèreté donne au film toute son humanité.
Car la vie fonctionne souvent ainsi. Même dans les périodes les plus difficiles, le quotidien continue. Il faut travailler, parler aux autres, aimer, se tromper et tenter d’avancer. Le monde ne s’arrête pas nécessairement lorsque le nôtre vient de basculer.

À qui raconte-t-on notre vie?
C’est probablement la question qui nous habite après le visionnement. Nous avons tous une ou plusieurs personnes à qui nous racontons notre vie. Pas seulement les grandes nouvelles, mais aussi les détails insignifiants, les frustrations de la journée et les décisions que nous hésitons à prendre. Que se passe-t-il lorsque cette personne disparaît?
Les messages vocaux laissés par Jill constituent le moteur de l’histoire, mais ils représentent surtout le lien qu’elle refuse d’abandonner. Comment fait-on pour continuer à avancer lorsque la personne qui connaissait le mieux notre histoire n’est plus là pour en entendre la suite?
Le film nous invite plutôt à accompagner Jill dans son cheminement, et c’est amplement suffisant.

Une histoire personnelle derrière la fiction
L’idée du film possède également des racines dans l’histoire personnelle de sa réalisatrice, Leah McKendrick. Plusieurs médias, dont Konbini et Serieously, se sont intéressés aux inspirations derrière le scénario. Cette dimension personnelle permet sans doute de mieux comprendre la sincérité qui traverse l’œuvre.
Oui, Si tu m’écoutes demeure une comédie romantique et certains de ses mécanismes sont prévisibles. Mais tous les films n’ont pas besoin de réinventer le cinéma pour nous toucher. Une histoire bien racontée, des personnages attachants et des émotions sincères peuvent largement suffire.
On a pleuré devant Si tu m’écoutes. On a aussi ri, souri et terminé le film avec cette étrange sensation que laissent parfois les histoires qui nous atteignent au bon endroit : l’envie de rester quelques minutes devant l’écran noir, simplement pour réfléchir.
Et, surtout, le film nous rappelle une chose essentielle : continuer à vivre ne signifie pas oublier. On peut rire à nouveau sans trahir la tristesse ressentie, rencontrer de nouvelles personnes sans remplacer celles que l’on a perdues et construire la suite de notre histoire tout en continuant à porter avec nous les chapitres précédents.
À voir absolument.