/ Un texte de Michaël Grégoire
C’est dans une salle fébrile que Christian Marc Gendron a présenté la première médiatique de son nouveau spectacle Trilogie, le 16 avril dernier au Théâtre Capitole de Québec. Une première qui avait tout d’une grande célébration. Celle d’un artiste au sommet de son art, qui célèbre du même coup plus de 30 ans de carrière avec une générosité et une présence scénique rares.
Dès les premières notes, le ton est donné. Le numéro d’ouverture, porté par des harmonisations d’une précision impressionnante, frappe fort et installe instantanément l’ambiance. On comprend rapidement que le spectacle ne sera pas qu’un enchaînement de performances, mais une véritable expérience musicale, construite avec soin et portée par une énergie contagieuse. On salue le guitariste Simon Godin à la direction musicale.


Une présence scénique qui rassemble
Christian Marc Gendron habite la scène : drôle, énergique, profondément habité par ce qu’il fait, il est exactement là où il doit être. Cette aisance, cette joie visible, se transmettent au public, qui embarque sans hésiter dans cette proposition à la fois musicale, humoristique et profondément humaine.
Mais ce qui distingue particulièrement Trilogie, c’est cette dimension familiale assumée. À plusieurs reprises, la jeune Kara, sa fille de six ans, monte sur scène pour danser aux côtés de ses parents. Des moments simples, spontanés et d’une grande force émotionnelle.
Virtuosité, imitations et grands frissons
Sur le plan musical, le spectacle est une démonstration éclatante du talent de l’artiste. Le numéro de « Boogie Woogie » électrise la salle, déclenchant un enthousiasme immédiat. Mais c’est peut-être dans ses imitations que Christian Marc Gendron impressionne le plus.
Dans un moment particulièrement marquant, il « réunit » autour d’un même piano les voix de Robert Charlebois, Éric Lapointe, Garou et Mario Pelchat. Un tour de force vocal et artistique qui témoigne de l’étendue de ses capacités. D’autres clins d’œil à Serge Fiori, Claude Dubois ou Pierre Lapointe viennent enrichir cette galerie de portraits maîtrisée avec finesse.


Puis, il y a ces moments suspendus. Son interprétation de « Je voudrais voir New York » de Daniel Lavoie en fait partie. Une performance habitée, émotive, qui donne des frissons et rappelle à quel point la simplicité, quand elle est portée par une voix juste, peut toucher profondément.
À ses côtés, Manon Séguin brille elle aussi. Sa puissance vocale se déploie notamment sur « From This Moment On » de Shania Twain, tandis que l’hommage à Gino Vannelli avec « I Just Wanna Stop » vient ajouter une autre dimension au spectacle.
Entre classiques et créations personnelles
Le spectacle navigue habilement entre les grands classiques et les influences qui ont marqué l’artiste, notamment à travers un medley inspiré de Billy Joel et Elton John, deux figures incontournables de son univers.
Mais l’un des moments les plus touchants demeure sans doute celui où Christian Marc Gendron présente ses propres compositions. On sent chez lui une certaine retenue, presque une pudeur. Et pourtant, ces chansons, dont « Piano Bar » présentée en finale dans un habile clin d’œil à « Piano Man », font mouche. Le public ne s’y trompe pas : il écoute, il ressent et il adhère.

Un spectacle à l’image de l’artiste
Au-delà de la performance, Trilogie révèle un artiste profondément ancré dans ses valeurs. Un homme de famille, de cœur, qui choisit de partager plutôt que de simplement performer. Cette proximité, cette authenticité, font toute la différence.
On ressort de ce spectacle avec le sentiment d’avoir assisté à quelque chose de vrai. Un moment où la musique, la voix et l’humain ne font effectivement qu’un. À voir absolument.
Pour toutes les dates et billets : https://christianmarc.ca/
