L’art de faire circuler la musique

Face à face avec Audrey-Ann Gascon
Crédit photo: Clara Houeix

Dans l’ombre des lancements d’albums, des entrevues et des vitrines médiatiques, il y a des passeurs. Des gens qui savent écouter, lire entre les lignes et traduire une œuvre pour qu’elle trouve son chemin vers le public. Audrey-Ann Gascon fait partie de cette nouvelle génération de relationnistes de presse qui abordent la culture avec sensibilité, rigueur et curiosité.

Coordonnatrice aux relations de presse et à la promotion chez Audiogram, elle incarne un parcours atypique, nourri d’abord par la littérature avant de s’ancrer pleinement dans le monde de la musique.

Rien, dans son parcours, ne relevait du plan de carrière tracé d’avance. Audrey-Ann a d’abord étudié en littérature, tout en travaillant parallèlement dans le milieu littéraire. Très tôt, elle se retrouve à faire des relations de presse dans le domaine littéraire, chez Remue-ménage. Un terrain d’apprentissage qui lui permet de conjuguer son amour des textes et son intérêt pour la mise en valeur des œuvres. « J’ai toujours eu une sensibilité pour les textes et la musique québécoise, sans doute en raison de mon bagage en littérature », explique-t-elle. De fil en aiguille, les relations de presse s’imposent comme une évidence. Un métier étonnamment humain, même pour une personne qui se décrit comme introvertie. « La littérature, les arts et les relations de presse mettent les humains au cœur du quotidien. C’est ce qui m’attire le plus. »

Apprendre le métier… en le pratiquant

Audrey-Ann se décrit comme une « petite nouvelle » dans le milieu : cela fait à peine deux ans qu’elle exerce le métier dans le milieu de la musique, bien qu’elle possède près de cinq ans d’expérience dans le monde des relations de presse. Pourtant, son entrée chez Audiogram se fait rapidement sur des projets d’envergure. À son arrivée, elle collabore étroitement avec des relationnistes externes afin de se familiariser avec le catalogue et les rouages de la maison.

Son tout premier mandat? Un projet avec Peter Peter. « J’étais vraiment excitée de travailler sur ce projet, c’est un artiste que j’admire beaucoup », dit-elle, encore aujourd’hui. À la même période, Beyries lançait Du feu dans les lilas, un autre moment marquant de ses débuts. Ces collaborations lui permettent non seulement d’apprendre le métier, mais aussi de bâtir un réseau solide dans le milieu culturel. Son premier projet mené de façon autonome sera le troisième album du groupe Choses Sauvages, viendra ensuite le plus récent album de Marc Déry. « Marc a une longue carrière et énormément d’expérience. C’était génial de le voir aller. »

Un travail d’équipe au service des artistes

Contrairement à certaines idées reçues, les relations de presse ne sont jamais un travail solitaire. Audrey-Ann insiste sur l’importance des échanges constants avec les relationnistes externes des artistes. Pour Peter Peter, par exemple, elle collabore avec Marie-Pier Létourneau. « C’est un échange. On fait ça à deux, et c’est ce qui permet de maximiser la visibilité de l’artiste. » Cette approche collaborative est essentielle dans un contexte où le milieu culturel connaît un fort roulement. Les équipes changent, les interlocuteurs aussi. « Tu dois souvent repartir de zéro et rebâtir des relations. Ça fait partie du jeu, mais ça se complexifie avec les années. »

Moins d’espace, plus de créativité

Le constat est lucide : l’espace médiatique consacré à la culture se rétrécit d’année en année. Moins de pages, moins de segments, plus de compétition. Face à cette réalité, Audrey-Ann Gascon explore de nouveaux formats, notamment le balado. « C’est un espace que je trouve vraiment cool à investir. On peut prendre le temps avec l’artiste, plonger dans les œuvres. Mais ce sont des choses qui se bâtissent petit à petit. » Son rôle consiste aussi à rassurer les artistes face au monde médiatique. À les accompagner dans la définition d’un angle, d’un récit, d’une façon de raconter leur projet. « On se questionne ensemble sur l’histoire que l’on veut livrer avec un nouvel album. »

Chez Audiogram, les choix artistiques reposent d’abord sur des critères éditoriaux et humains. « On travaille avec des projets qui nous interpellent artistiquement, il faut qu’il y ait un bon “fit” avec l’artiste. » Fondée en 1984, Audiogram est aujourd’hui la plus importante maison de disques francophone indépendante en Amérique du Nord. Établie à Montréal depuis plus de quarante ans, elle a vendu plus de 10 millions d’albums à travers le monde et contribué au développement de carrière de dizaines d’artistes majeurs de la culture francophone. Une mission qui résonne profondément avec la vision d’Audrey-Ann Gascon et qui continuera à nous émouvoir..

Ce qui s’en vient chez Audiogram

Les prochains mois s’annoncent chargés :
– Fin janvier, Pierre Lapointe dévoilera une version deluxe de son récent album, Treize chansons démodées pour ceux qui ont le cœur abîmé. L’équipe soulignera également le 20e anniversaire de l’album La forêt des mal-aimés.
– Fin février, le troisième album de Soran.
– En mars, le deuxième album de Frais Dispo.

Ce qui la fait vibrer

À la question de savoir ce qui la motive au quotidien, la réponse est simple : la créativité. « J’aime être en contact avec ce milieu créatif, bouillant. La musique bouge, et c’est ce qui nous garde allumés. » Dans un écosystème en mutation, Audrey-Ann Gascon fait partie de celles qui travaillent, discrètement mais activement, à maintenir ce feu bien vivant.

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