Une certaine tristesse : un premier roman bouleversant

Un regard lucide sur l’enfance

Certains livres se lisent rapidement. D’autres s’installent en nous. Une certaine tristesse, premier roman de Mattis Savard-Verhoeven, fait clairement partie de cette seconde catégorie. C’est un livre délicat, profondément touchant, qui explore avec une grande sensibilité la tristesse, l’enfance et la question vertigineuse de ce que signifie être humain.

Dès les premières pages, le lecteur est plongé dans l’univers de Noé, un jeune garçon qui, après un exercice simulant une fusillade dans son école, est convoqué dans le bureau de la directrice. Mais plutôt que de retourner en classe, il décide de fuir.

Cette fuite devient le point de départ d’un récit intime. Noé se met à écrire. Dans un carnet offert par sa mère, il raconte son histoire et tente de comprendre ce qui l’habite. Son écriture se déploie comme une longue phrase, presque sans respiration, comme si les mots étaient la seule manière de contenir le trop-plein d’émotions.

Au cœur de son récit se trouve la disparition de sa grand-mère, emportée l’été précédent par une crue record du fleuve Saint-Laurent. De sa maison, il ne reste qu’un trou d’eau où barbotent des canards. Et une question qui ne cesse de tourner dans sa tête : Comment on fait pour ne pas disparaître?

Un roman sur la fragilité du monde

À travers les pensées de Noé, Mattis Savard-Verhoeven pose un regard particulièrement lucide sur une génération d’enfants à la fois pleins de vie et profondément inquiets.

Le roman aborde des thèmes lourds, mais toujours avec douceur. La perte, la culpabilité, la peur du monde et l’amour inconditionnel s’entremêlent dans une narration sensible et poétique.

L’auteur réussit à saisir quelque chose de très juste sur l’enfance. Cette période où les émotions sont immenses, parfois incompréhensibles, et où les adultes semblent souvent incapables d’expliquer ce qui arrive. La tristesse du personnage n’est jamais écrasante. Elle est traversée par des moments de tendresse, d’humour et de lumière.

L’amour d’une grand-mère

L’un des fils les plus touchants du roman est sans doute la relation entre Noé et sa grand-mère.

Dans un passage particulièrement marquant, il se souvient du moment où il la voit à travers la fenêtre de l’autobus, avec sa robe rouge et ses lunettes de soleil. « Je me suis dit wow, elle a l’air d’une reine, ma grand-maman a l’air d’une reine. » Ce souvenir devient une image centrale du livre. Une image d’amour simple, mais immense. Une grand-mère qui aime son petit-fils avec une intensité presque déconcertante.

Une voix littéraire singulière

Né en 1995, Mattis Savard-Verhoeven est déjà connu comme acteur au théâtre, à la télévision et au cinéma. Avec Une certaine tristesse, il signe un premier roman d’une grande maturité.

Sa plume est à la fois vive et poétique. La forme du texte, construite comme une longue phrase ininterrompue, donne l’impression d’être directement dans la tête du jeune narrateur.

Un livre qui reste

Une certaine tristesse est de ces livres qui accompagnent longtemps le lecteur après la dernière page. Parce qu’il parle de choses simples, mais fondamentales : l’amour, la perte, la mémoire et la peur d’oublier ceux qui nous ont aimés.

C’est un roman profondément humain et un premier livre qui laisse déjà entrevoir une voix littéraire importante. Un livre touchant, sensible et lumineux dans sa mélancolie. À découvrir sans hésiter.

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