Marie-Céleste illumine le Grizzly Fuzz pour « Tout ce qui brille »

La critique de Gabryel Arcand
Crédit : Jacques Boivin (Courtoisie Photo)

Hier soir, le Grizzly Fuzz recevait les natifs d’Alma Marie Céleste pour le lancement de Tout ce qui brille, leur deuxième album. Enfin ! J’ai eu la chance de les voir en spectacle. Je me permets une prédiction : à la fin de la lecture, vous allez vous rendre sur votre moteur de recherche préféré pour connaître leurs prochaines dates de tournée. Je vous simplifie la tâche, c’est juste ici.

Première partie

Pour ouvrir la soirée, on accueillait la Montréalaise Kamilou. Malgré des basses qui ont écrasé sa voix, le public a pu capter, par moments, un aperçu de sa plume militante et féministe. Celle qui se présente simplement, « je rappe, je chante, bref, je fais ce que je veux », nous a offert un moment intimiste, où sa poésie navigue habilement entre le jazz, le R&B et le rap. Pour suivre son projet de près depuis quelque temps, j’ai déjà extrêmement hâte de la retrouver lors d’un futur spectacle ; celui-ci, faute technique, n’a malheureusement pas pu mettre en valeur son projet.

Crédit : Jacques Boivin (Courtoisie Photo)

Sept sur une petite scène

D’emblée, il faut se le dire, la scène était un peu petite pour accueillir le quintette et ses deux musiciens accompagnateurs ; sept musiciens sur la petite scène du Grizzly Fuzz, c’était pour moi une première ! Tout un défi de disposition scénique qui, malheureusement, a nécessité le sacrifice du batteur Guillaume Sliger, relégué dans l’obscurité de la scène, malgré la présence de deux énormes étoiles superposées et magnifiquement illuminées tout au long de la soirée. Un clin d’œil évident au titre de l’album (Tout ce qui brille) et une proposition littéralement céleste. À l’avant, de gauche à droite : Zachary Tremblay (guitare), Philippe Plourde (voix, clavier), Simon Duchesne (voix, guitare), Olivier Tremblay (basse et voix) et Guillaume Sliger tout juste derrière lui.

Grandiose, prodigieux, rythmé, captivant, envoûtant, lumineux, porteur, émotif, drôle… la liste peut être très longue pour qualifier ce que Marie Céleste nous a offert hier en spectacle. On oublie assez rapidement que le jeune groupe n’en est qu’à son deuxième album, et ce, en deux ans. La cohésion du groupe est frappante ; assurément expliquée par le fait qu’ils sont d’abord et avant tout un groupe d’amis qui se connaissent depuis l’adolescence.

La soirée a commencé en force avec Ciao Bye Bonsoir ! On capte dès lors le côté fougueux et théâtral de Simon Duchesne, puis viennent les cuivres et les harmonies vocales sans prétention ; un crescendo suivi de la pièce aux allures samba Combien de temps ? interprétée par Philippe Plourde.

Note aux lecteurs : ce n’est pas une mauvaise idée de faire quelques échauffements avant le spectacle, tant vocaux que physiques. L’énergie du groupe est contagieuse ; ils sont reconnaissants et ça se voit, ils ont un réel plaisir à jouer ensemble. Chanson après chanson, le groupe a su me surprendre et m’épater constamment. Mon moment fort du concert fut assurément l’enchaînement des pièces 2 Goélands – Reprise, Feu de joie et Oublier encore. Un enchaînement judicieux qui, selon moi, exprime à merveille les influences musicales du groupe valsant entre l’électro et le folk québécois des années 70, en plus des prouesses vocales des deux co-chanteurs.

Au rappel, après nous avoir complètement « crinqués » avec une courte reprise du groupe viral Angine de Poitrine, venant aussi du Lac-Saint-Jean, les Almatois ont conclu leur spectacle avec « des plus vieilles », deux ballades : Maison-monde et Elle vit dans les bois. L’absurdité du moment, propulsée grandement par Simon, a accroché un énorme sourire aux lèvres de Philippe. Pour une dernière fois de la soirée et à l’unisson, le public a chanté à tue-tête.

Crédit : Jacques Boivin (Courtoisie Photo)

Parlons du groupe

Audacieux et cohérent, l’univers musical de Marie Céleste est enviable. À noter que la majeure partie du groupe participe activement aux paroles et à la composition des différentes pièces de l’album.

Philippe Plourde est désarmant… Il possède, selon moi, l’une des plus belles voix au Québec. À cela, on peut ajouter ses grandes qualités de parolier et sa capacité à porter ses textes en émotions. Certains le reconnaîtront peut-être à son passage remarqué lors de la 9e saison de La Voix en 2023.

Simon Duchesne : L’expression théâtrale du groupe ! Son expressivité, tant par le biais de sa plume que par son jeu sur scène, donne une âme supplémentaire aux chansons. Si la voix de Philippe nous fait planer, eh bien celle de Simon nous ramène sur terre par son intensité et son rythme effréné.

Zachary Tremblay : Véritable pilier de la structure sonore du groupe, Zachary est derrière la composition musicale d’une grande partie de Tout ce qui brille. Casque d’écoute sur les oreilles, il nous a démontré l’étendue de son talent lors d’un long jam où Olivier, Guillaume et lui se sont échangé leurs prouesses.

Olivier Tremblay : Au service des mélodies et du rythme, le jeu de basse d’Olivier nous guide à travers les moments plus intimes jusqu’aux grandes envolées progressives du groupe. Il participe en plus aux harmonies vocales du groupe, ajoutant aussi sa texture à celles de Philippe et Simon.

Guillaume Sliger : Le moteur rythmique du groupe et héros de l’ombre hier soir. Derrière sa batterie, il est celui qui canalise toute l’énergie de la formation, capable de nuances dans les moments planants comme de puissance dans les finales épiques. Il ne faut pas être diplômé en musique pour admirer et capter la difficulté musicale du projet : si le groupe navigue aussi bien dans la polyrythmie, c’est en grande partie grâce à Guillaume.

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On ne se le cachera pas, la comparaison avec les deux géants du Québec est inévitable et absolument pas gênante :

Côté Harmonium : On retrouve les synthés, les cuivres et ce côté planant qui nous fait voyager. C’est lumineux et super bien arrangé.

Côté Beau Dommage : C’est dans les harmonies vocales et la chaleur humaine que ça se passe. Leurs textes et leur synergie sur scène nous rappellent cette belle époque-là… rappel à ceux qui l’ont vécue.

Je ne suis pas le genre de personne à dire que Jacob Fowler est le prochain Carey Price, mais là… je confesse : Marie Céleste est en voie de devenir un réel facteur d’influence musicale au Québec pour les groupes à venir, un peu comme ces deux géants de la musique l’ont fait.

Setlist :

Ciao Bye Bonsoir !
Combien de temps
Sur la « Main »
Philadelphie
Cam
Lo
Galilée
Kérosène
2 Goélands – reprise
Feu de joie
Oublier encore
À la longue
La Lumière
2 Goélands
Tout ce qui brille
Cast to ur fate
Et si toi aussi
Maison-monde
Elle vit dans les bois

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